Les frères Gadoury de la Ferme Vallée Verte font le pari de la production laitière durable.

La production laitière durable : réalité ou fiction? Voilà un sujet qui suscite discussions et controverses. Dans un monde où la demande pour les produits laitiers est bien loin de disparaître (fromage, quand tu nous tiens!), on ne peut que réaffirmer nos standards et nous tourner vers des partenaires qui optent pour des pratiques responsables et respectueuses du bien-être animal. Et s’il existe des producteurs laitiers qui sont prêts à prendre cette entreprise colossale par les cornes, ce sont bien les frères Gadoury derrière la Ferme Vallée Verte 1912.
Caroline, notre responsable des communications et cheffe d'orchestre de l'équipe créative, connaissait les produits de la ferme avant même qu’ils ne débarquent sur le Marché. Ses grands-parents habitant le petit village voisin, elle et sa famille avaient l'habitude de se rendre à la boutique pour faire le plein de fromages fermiers, yogourts artisanaux et lait d'antan - vous savez, celui avec l’épaisse couche de crème sur le dessus.
Notre équipe a tout récemment pris la grand-route, direction Saint-Jean-de-Matha, pour aller prendre des petites nouvelles de la famille Gadoury et de son troupeau. Faites défiler pour jeter un œil aux photos tirées de notre dernière visite et découvrir les coulisses d’une vraie de vraie fromagerie fermière.

C’est en 1912 que Charles Gadoury fait l’acquisition d’un lopin de terre arable à Saint-Jean-de-Matha pour y camper sa petite ferme de subsistance. Les décennies suivantes voient se succéder trois générations de Gadoury, qui insufflent petit à petit à la ferme sa vocation laitière. David n’a que 18 ans lorsque, à l’aube du 21e siècle, il en reprend finalement les rênes aux côtés de son père Richard - une voie visiblement toute tracée après une enfance passée dans l’étable, à traire les vaches soir et matin, à les emmener au pâturage et à les affubler de surnoms affectueux, comme Bernadette.

Après une brève incursion dans l’agriculture conventionnelle, question de rattraper l’industrie, le duo père-fils décide de revenir aux bonnes vieilles méthodes traditionnelles. Constatant les effets négatifs des hormones, antibiotiques et pesticides de synthèse sur son troupeau (ainsi qu’un certain effet domino lié à leur utilisation), les vaches développant des cancers, des maladies et même des résistances aux médicaments, ils les délaissent graduellement pour les éliminer complètement de leur ferme.

Débordant d’ambition pour la ferme, ce n’est que lorsque Samuel, le frère cadet de David, se greffe au projet que la famille se lance réellement dans la transformation laitière. Après des années de formation, ils obtiennent finalement les permis nécessaires pour bâtir leur fromagerie fermière, qu’ils nomment Ferme Vallée Verte 1912 en l’honneur de leurs ancêtres.
Ses études en programmation en poche, c’est aussi Samuel qui implante l’automatisation dans l’étable et la fromagerie afin d’offrir de meilleures conditions de travail à l’équipe et d’améliorer le confort et la qualité de vie du troupeau. En plus d’un système automatisé enclenché toutes les heures pour nettoyer l’enclos, l’équipe peut compter sur un robot pour longer les allées et repousser la nourriture vers les vaches.

Nourries d’un mélange de foins secs et de luzerne cultivés sur place sans pesticides de synthèse, les quelque 150 bêtes du troupeau sont parfaitement libres de se balader dans l’étable, où elles peuvent se prélasser sur des plages de sable douillettes pour leurs articulations. En plus de choisir elles-mêmes le moment de la traite, passant aux robots aussitôt qu’elles en ressentent le besoin, les vaches peuvent à tout moment se faire gratouiller le dos sur des brosses rotatives qui détectent leurs caresses.

Avec l’aide de leur petite équipe, les Gadoury confectionnent leurs produits à partir de lait entier non homogénéisé et pasteurisé à basse température, ce qui en préserve toutes les enzymes et les bonnes bactéries. Veillant à ce que les saveurs bien de chez nous soient mises à l’honneur dans ses créations, la famille collabore avec des petits producteurs du coin pour les ingrédients qui composent ses recettes, comme les framboises, les camerises et l’ail noir des fermes avoisinantes, la bière d’une microbrasserie locale (brassée tout spécialement pour la fromagerie) et les bleuets sauvages du Lac-Saint-Jean. Et c’est sans parler du sucre d’érable maison provenant de l’érablière familiale, située tout juste derrière l’étable.
Visitez le Marché pour jeter un œil à leurs laits, fromages et yogourts fermiers et assurez-vous de vous abonner à notre infolettre pour ne manquer aucune de nos histoires.